Le football professionnel brasse des milliards, et certains clubs ont franchi un pas supplémentaire en ouvrant leur capital aux marchés financiers. Coter ses actions en bourse, c’est pour un club sportif une façon de lever des fonds, de financer des infrastructures ou de recruter des joueurs de haut niveau, mais c’est aussi s’exposer aux humeurs des investisseurs et aux aléas des résultats sportifs.
Tous les grands clubs ne font pas ce choix, et ceux qui l’ont fait ne jouent pas tous dans la même cour. Entre les poids lourds européens cotés sur des places financières reconnues et les clubs plus modestes présents sur des marchés secondaires, la réalité est bien plus diverse qu’on ne l’imagine souvent.
Indice-general fait le point sur les clubs de football cotés en bourse, leur fonctionnement en tant que sociétés cotées et ce que cela change concrètement pour les supporters comme pour les investisseurs.
Les clubs de football cotés en bourse : un panorama mondial limité
En 1983, Tottenham devient le premier club coté en bourse, ouvrant une voie que plusieurs grands noms du football européen allaient emprunter par la suite.
Parmi les clubs ayant franchi le pas figurent notamment :
- La Juventus de Turin
- La Lazio de Rome
- L’Ajax d’Amsterdam
- L’AS Rome
- Manchester United
En France, l’Olympique Lyonnais a tenté l’aventure boursière dès 2005, mais son entrée a d’abord été refusée avant que la France ne se conforme à la législation européenne. Une étude portant sur un échantillon de 24 clubs de football actuellement listés dans le monde a permis d’analyser leurs profils de risque financier à travers une analyse factorielle exploratoire (AFE).
Des risques financiers structurellement élevés pour les clubs cotés
Les résultats de cette analyse révèlent que les clubs de football présentent un niveau de risque financier globalement élevé, caractérisé par plusieurs faiblesses récurrentes.
Ces faiblesses se déclinent en quatre points principaux :
- Un montant de capital listé faible
- Un ratio d’endettement élevé
- Des profits nets faibles, avec une grande proportion de clubs enregistrant des pertes
- Une liquidité d’actifs insuffisante
Pour tenter de limiter ces dérives, l’UEFA a introduit le Fair Play Financier en 2010 afin de réduire les défauts de paiement et les investissements irrationnels. Ce cadre réglementaire s’inscrit dans un contexte où le marché mondial du football représente plus de 40 % de la valeur totale de l’industrie sportive, avec une part de marché proche de 500 milliards USD, le classant comme la 17e plus grande économie mondiale.
« Les modèles d’évaluation des risques financiers doivent être adaptés aux spécificités des clubs de football pour garantir leur durabilité et leur performance. »
Des performances boursières décevantes face à des revenus record
Les deux indices boursiers de référence pour le football sont Bloomberg et le Dow Jones Stoxx. Selon Bloomberg, les valeurs des actions ont baissé de 25 % en dix ans, illustrant l’inefficacité structurelle de ce mode de financement.
Les exemples concrets sont parlants :
- L’action de la Lazio de Rome, introduite à 18 €, vaut aujourd’hui moins de 1 €
- L’action de l’Olympique Lyonnais a perdu la moitié de sa valeur
Cette contre-performance boursière contraste fortement avec les revenus records enregistrés par les grands clubs. Le tableau ci-dessous illustre le classement des clubs par revenus pour la saison 2024-2025 :
| Rang | Club | Revenus |
|---|---|---|
| 1 | Real Madrid | 1,161 milliard d’euros |
| 2 | FC Barcelone | 974 millions d’euros |
| 3 | Bayern Munich | plus de 860 millions d’euros |
| 4 | Paris Saint-Germain | 837 millions d’euros |
| 5 | Liverpool | 836 millions d’euros |
Les revenus cumulés des 20 clubs de la « Football Money League » atteignent 12,4 milliards d’euros, en hausse de 11 % par rapport à la saison 2023-2024, dont 5,3 milliards d’euros de revenus commerciaux (43 % du total) et une progression de 10 % des droits TV, représentant 38 % des recettes totales.
Face à l’échec relatif de la cotation boursière, principalement dû à l’explosion des salaires des joueurs, les clubs se tournent désormais vers d’autres leviers de financement tels que le sponsoring, les droits télévisuels et la vente de produits dérivés.
Pourquoi si peu de clubs franchissent-ils le pas de la bourse ?
La cotation en bourse reste une exception dans le monde du football professionnel, et ce n’est pas un hasard. Sur les milliers de clubs professionnels recensés à travers le globe, seule une poignée a choisi cette voie. Ce faible taux d’adoption s’explique en grande partie par la nature même du football, une industrie où les résultats sportifs, imprévisibles par définition, influencent directement la valorisation boursière. Un club relégué peut perdre en quelques semaines une part significative de sa capitalisation, rendant l’investissement particulièrement volatil aux yeux des marchés financiers.
Les places boursières sur lesquelles s’échangent ces actions sont peu nombreuses et concentrées géographiquement :
- La Bourse de Londres, pionnière avec Tottenham dès les années 1980, puis Manchester United coté au New York Stock Exchange
- La Bourse de Milan, qui accueille la Juventus, la Lazio et l’AS Rome
- Euronext Amsterdam pour l’Ajax
- Euronext Paris pour l’Olympique Lyonnais
Cette dispersion géographique reflète l’absence d’un marché boursier unifié dédié au sport, ce qui complique la comparaison entre clubs et nuit à la lisibilité pour les investisseurs institutionnels. La structure de gouvernance des clubs constitue un frein supplémentaire : de nombreux propriétaires, qu’ils soient des fonds souverains, des milliardaires privés ou des associations de supporters, rechignent à diluer leur contrôle en ouvrant le capital au grand public.
La cotation en bourse impose une transparence financière et une logique de rentabilité trimestrielle difficilement compatibles avec la gestion à long terme d'un club de football.
Les clubs de football européens en bourse : des valorisations très contrastées
L’indice STOXX Europe Football regroupe les principaux clubs cotés du continent, parmi lesquels figurent des acteurs aussi nombreux que la Juventus Turin, Ajax Amsterdam, l’Olympique Lyonnais, mais aussi des clubs portugais comme Benfica Lisbonne, Sporting Lisbonne, FC Porto et Sporting Braga, des clubs turcs comme Besiktas et Galatasaray, ainsi que le FC Copenhague et Celtic Glasgow.
Les écarts de capitalisation boursière sont considérables d’un club à l’autre. En 2019, la Juventus Turin dominait les valorisations européennes avec 1,26 milliard d’euros, loin devant Ajax Amsterdam (416 millions €) et l’Olympique Lyonnais, qui ne pesait plus que 165 millions € en 2022.
| Club | Valorisation | Année de référence |
|---|---|---|
| Manchester United (NYSE) | 2 à 6 milliards USD | Depuis 2012 |
| Juventus Turin | 1,26 milliard € | 2019 |
| Ajax Amsterdam | 416 millions € | 2019 |
| Olympique Lyonnais | 165 millions € | 2022 |
| Real Madrid (estimé) | 6,75 milliards USD | |
| FC Barcelone (estimé) | 5,65 milliards USD |
Les clubs de foot et la bourse






Ah oui, donc si je comprends bien, quand Neymar marque un but, ça fait monter la valeur des actions en bourse ? Il faudrait que je mette toutes mes économies dans le PSG alors ! #NeymarLeFinancier
Il est étonnant de constater que la plupart des clubs anglais ne sont plus cotés en bourse. Cela pourrait indiquer un manque de transparence dans leur gestion financière.
L’indice STOXX Europe Football est un bon indicateur de la croissance des clubs de football. Pour les investisseurs intéressés par ce secteur, il est plus efficace d’investir dans un tracker basé sur cet indice plutôt que d’acheter des actions individuelles de clubs.
Seuls cinq des principaux clubs européens sont cotés en bourse. Cela soulève la question de savoir si la cotation en bourse est réellement bénéfique pour les clubs de football, tant du point de vue financier que sportif…
Oui, l’indice STOXX Europe Football peut être un indicateur intéressant pour les investisseurs intéressés par le secteur du football.. mais bon de là a penser qu’on peut s’enrichir avec ce type d’investissement…
Avec l’arrivée de riches propriétaires en Premier league, beaucoup ont fait le choix de quitter la bourse pour gérer leur club de manière plus rentable. En effet, malgré la baisse des actions de nombreux clubs cotés en bourse, leurs revenus continuent d’augmenter.
La Juventus est actuellement la seule grande équipe à être cotée en bourse. Il est intéressant de constater que les clubs anglais, espagnols et allemands ne sont pas cotés en bourse… et en France, seul l’OL est coté mais en ligue 2 ca va être compliqué….
La plupart des clubs de football cotés en bourse sont italiens… pas sur que ce soit un avantage
La décision de quitter la bourse peut être motivée par le désir de garder le contrôle total du club et d’éviter les pressions financières liées à la spéculation sur les actions. Cependant, cela peut également limiter les opportunités de financement pour ces clubs.